Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec recommande aux propriétaires de puits artésien d’en faire analyser la qualité de l’eau chaque automne et chaque printemps afin d’éviter plusieurs problèmes courants1. « Au moment de la fonte des neiges, par exemple, le sol est saturé et l’aspect filtrant du sol est moins efficace », précise Jérôme Guimont, copropriétaire de Culligan Québec. Il s’agit d’un phénomène parmi d’autres qui peut affecter la qualité de l’eau. Tour d’horizon des différents problèmes qui touchent l’eau de puits, de même que des solutions qui existent pour les résoudre.
Les problèmes courants
Eau jaunâtre ou à la couleur du thé
Cette coloration inhabituelle, accompagnée d’une odeur terreuse, provient de matières végétales en décomposition qui sont transportées par la fonte des neiges. Les puits peu profonds ou peu étanches se révèlent particulièrement à risque. « Le problème se limite généralement à une altération du goût, mais la matière organique peut aussi nourrir des bactéries nocives pour la santé », mentionne quant à lui le docteur en chimie Eric Roy, directeur scientifique chez Culligan International.

Eau qui laisse des cernes brunâtres ou rougeâtres
Au contact de l’oxygène, les dépôts de fer et de manganèse parfois présents dans l’eau de puits peuvent s’oxyder et devenir insolubles. L’eau prend alors un goût métallique, peut endommager la plomberie et risque même de causer de graves problèmes de santé. « Santé Canada considère qu’à taux élevé, le manganèse représente un risque neurotoxique pour les enfants en bas âge2 », poursuit Eric Roy.
Eric Roy, directeur scientifique, Culligan International
Eau qui sent les œufs pourris
Une eau qui dégage ce parfum désagréable contient du sulfure d’hydrogène, un gaz qui se forme dans les environnements pauvres en oxygène. « Pour la plupart des puits résidentiels, la concentration est faible et ça reste un désagrément mineur, explique M. Roy. Cependant, il arrive que ce problème soit tenace et s’aggrave jusqu’à empester toute la maison. »
Eau avec un arrière-goût
Les puits artésiens résidentiels ne sont pas traités au chlore comme le sont les infrastructures municipales. Des bactéries peuvent donc s’infiltrer dans un système peu étanche ou surchargé par la fonte des neiges et proliférer, surtout par temps chaud. Les microbes peuvent s’accrocher aux parois des tuyaux et former un biofilm, une mince couche visqueuse. « Certaines bactéries altèrent le goût et l’odeur de l’eau, mais d’autres, dont les coliformes, peuvent provoquer des maladies », spécifie Eric Roy.

Les solutions
Examen visuel
Chaque printemps, les propriétaires devraient inspecter la tête du puits, c’est-à-dire la partie visible de l’équipement. « Le couvercle doit dépasser du sol, être bien étanche et être entouré d’une pente descendante pour prévenir l’accumulation d’eau », indique M. Roy.

Analyses d’eau de puits
Une analyse d’eau indicative gratuite peut être effectuée en magasin ou à domicile par Culligan Québec. « Un test d’eau présente, en quelque sorte, une photo de l’état du puits à un moment précis », illustre Jérôme Guimont. Cette première analyse évalue si la concentration de divers minéraux et de matières dissoutes totales (MDT) dans l’eau, ainsi que l’alcalinité, est conforme aux normes.

Des analyses approfondies en laboratoires certifiés sont également proposées pour détecter la présence de bactéries, de nitrates, de pesticides, de PFAS3, d’arsenic et d’autres contaminants susceptibles de rendre l’eau impropre à la consommation.
Système de traitement de l’eau sur mesure
Bien qu’il existe divers traitements chimiques pour l’eau de puits, ceux-ci agissent de façon temporaire, sans résoudre le problème à sa source. Jérôme Guimont conseille plutôt l’installation d’équipements adaptés aux résultats d’analyse d’eau. Ces systèmes sur mesure comprennent habituellement :
➭ Une lampe à rayons ultraviolets (UV)pour stériliser l’eau de puits sans interruption et contrôler les bactéries et virus grâce à des rayons ultraviolets.
➭ Un adoucisseur d’eau jumelé à divers filtres à eau pour traiter les problèmes courants de dureté, de fer et de soufre.
➭ Des systèmes d’osmose inverse intégrés aux robinets qui améliorent l’odeur et le goût de l’eau tout en la purifiant de plus de 70 contaminants, dont les microplastiques, l’arsenic et les PFAS.
Ces appareils sont conçus pour former un tout et remplissent des rôles complémentaires. Par exemple, sans filtre, les dépôts d’oxyde de fer pourraient entacher la lampe UV et nuire à son bon fonctionnement.
« Chaque puits est différent, et sa qualité d’eau l’est tout autant; la solution proposée par notre équipe de spécialistes est donc toujours sur mesure, selon les besoins et les désirs de chaque propriétaire », souligne Jérôme Guimont.
1 https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/potable/depliant/index.htm
2 https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/sante-environnement-milieu-travail/rapports-publications/qualite-eau/manganese-dans-eau-potable.html
3 De l’anglais perfluoroalkylated and polyfluoroalkylated substances, pour désigner les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées
Cet article a été reproduit avec l’autorisation de l’éditeur. L’article original intitulé « Puits artésiens : les problèmes courants (et leurs solutions) » a été publié le 7 avril 2026 sur le site de La Presse.



